L'entretien des freins

Pourquoi doit-on purger nos freins si régulièrement ?

Le système de freins n'est pas censé être un circuit fermé ?

Comment est-ce qu’on se retrouve avec de l’air dans nos freins ?

Pourquoi il y a une différence de sensation entre les différents types d’huile dans un même frein ?

Voici des questions que j’entends souvent et auxquelles je suis maintenant en mesure de répondre.


Avant de poursuivre votre lecture, si vous n’avez jamais lu mon article à propos des différents types d’huile, je vous conseille fortement de le faire, cela facilitera votre compréhension de la suite.


https://www.dm-bike.com/post/l-huile-de-freins-dot


Les types d'huiles


Tout d'abord, parlons de type d’huile. J’ai déjà écrit un article décrivant les 2 catégories d’huile soit la minérale et la DOT. Dans les huiles DOT, on retrouve en vélo de montagne la DOT 3,4 et 5.1. Il en existe d’autre, mais ce sont celles utilisées. Chacune de ces huiles ont leurs propres caractéristiques et influence à leur façon nos freins. Il y a de la compatibilité entre elles, par exemple, un frein conçu pour la Dot 4 et 5.1 nous laisse le choix. Les freins à l’huile minérale sont également intercompatibles entre eux. Mais est-ce bon de mixer le tout ensemble.... la réponse est non. Tout d'abord, il faut savoir que la compagnie design son frein en fonction d’un type d’huile. Si vous changez celle-ci, vous êtes donc à risque d’altérer le rendement, mais aussi d’obtenir un rendement différent à ce que la compagnie prétend offrir. L’huile DOT a des particularités intéressantes. Tout d'abord, elle est très corrosive, il faut donc faire attention sur quelle surface elle se retrouve. C’est aussi une huile qui absorbe l’humidité ambiante. Elle ne peut donc pas se conserver indéfiniment. De ce fait, c’est la raison pour laquelle, on doit impérativement la changer complètement dans nos freins lors d’un entretien. L’huile est altérée par le temps. Pour l’huile minérale, c’est un peu différent. Elle n’absorbe pas l’humidité, celle-ci se retrouve alors séparée de l’huile. L’eau étant plus lourde que l’huile, elle se retrouve donc dans le caliper de vos freins. L’eau ayant un point d’ébullition plus faible que l’huile, elle peut alors être très problématique lors de freinage longue durée où la température peut atteindre près de 200 degrés, ce qui est nettement supérieur à ce que l’eau peut supporter avant de se changer en gaz.


Différentes sensations

Comme je vous ai dit plus haut, il peut y avoir une différence de comportement et sensation dans vos freins selon le type d’huile utilisé. Par exemple, un frein conçu pour l’huile DOT 4 et 5.1, si on utilise l’une ou l’autre la sensation sera très différente. L’huile DOT 5.1 donne une sensation plus ferme au levier, moins spongieuse. Tout ça est une question d’additif et de présence d’oxygène dans le fluide. L’huile 5.1 a un additif anti oxygène plus performant. C’est d'ailleurs une des raisons qui la rend plus performante à haute température. Plus le chiffre de la DOT est élevé, moins il y a présence d’oxygène à l’intérieur. Cela influence la sensation que nous avons directement dans le stationnement, mais aussi en piste. C'est cet oxygène qui se dilate à haute température et qui créé les bulles de gaz, ce qui nuit au freinage. Moins il y en a plus le freinage est performant et constant. C’est une des raisons pour laquelle, à mi-saison, on doit purger nos freins pour retirer l’air qui s’est accumulé. L’oxygène alors incorporé à l’huile s’en est séparé. Cet oxygène est oui présent d’origine lors de la fabrication de l’huile, car elle est en contact avec l’air ambiante, mais elle se dissout aussi lorsqu’on la transvide, qu’on la manipule, etc... C’est pour cela qu’il ne faut pas faire une purge dans un endroit humide, ou lors de jour de pluie. Pour l’huile minérale, le phénomène est similaire.

Les failles


Nous avons donc maintenant une des raisons à propos de comment l’air se retrouve dans notre ligne de freins. Mais ce n’est pas tout. Un système de frein de vélo n’est pas un circuit totalement fermé et hermétique. Les joints sont la principale faille du système. Ils ne sont pas tout à fait étanches. L’huile dot est très corrosive et attaque tout y compris les membranes. C’est pourquoi un système à l’huile dot perd en efficacité avec le temps. De vieux freins vont demander davantage de purge que des neufs. Les joints tiennent, mais sont forcément sont très poreux. Il y a également le réservoir de compensation qui est problématique. Sur les freins de vélo, vous avez toujours sur la manette un petit trou quelque part qui sert de régulateur de pression atmosphérique. Cela sert à égaliser la pression ambiante à celle de vos freins afin de s’assurer d’avoir un comportement uniforme tout au long de la descente. Mais le petit trou laisse également passer l’oxygène et l’humidité. Ce qui encore une fois est une porte d’entrée pour les éléments externes et nous mène à une purge plus régulière. Les freins ne sont donc pas un circuit fermé, c'est un circuit mixte. Ouvert quand le levier n'est pas actionné, et qui se ferme quand on actionne le frein. C'est le maître-cylindre qui fait cette action.

L'entretien


En terminant, avec le temps, lors de l’utilisation, l’huile de vos freins subit des montées et descente de température de façon régulière et importante. Cela altère énormément l’huile et ses additifs. L’huile rose Shimano devient noire avec le temps avec la perte de ses propriétés. Et ce n’est qu’un exemple. L’huile DOT subit la même chose, elle change de couleur et noirci. Il est donc impératif de changer l’huile de façon régulière dans votre système de freinage de vélo afin de conserver un freinage plus constant, plus efficace et une meilleure sensation sur le levier.

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