Spherik SMT 2018

Tout d’abord, mettons-nous en contexte. Le SMT est un vélo se classant dans la catégorie ‘’trail’’ qui utilise un système de type ‘’horst-link’’ ayant 135mm de débattement arrière et 150mm à l’avant. Le vélo est disponible avec des roues de 27.5+ ou 29po. Une caractéristique mise de l’avant par la compagnie est le changement du 27.5 + au 29 sans aucune modification nécessaire. Lors de mon essai, j’ai roulé la version montée en 29po seulement. Les composantes étaient les suivantes : une fourche Rockshox Lyrik RC et un amortisseur Rockshox deluxe R. Une transmission montée en Sram  GX 11V ainsi que des freins Sram Guide T. Côté pneumatique, un pneu Maxxis DHF à l’avant et Maxxis DHR à l’arrière, tous deux en gomme 3C Maxx terra. Un ''build'' raisonnable pour la modique somme de 3999,99$. Le fabricant recommande de rouler le vélo à 30% de sag, ce que j’ai d’ailleurs respecté.  


L’essai a eu lieu dans les sentiers de E47, situés au lac Delage, dans la région de Québec. Ce sont des sentiers tout designés pour le SMT, un endroit où l’on retrouve des ascensions de quelques kilomètres, parfois plus techniques, parfois plus roulantes. Au niveau des descentes, c’est la même chose. De quoi s’amuser amplement et pousser les limites de ce vélo. 


Le comportement en montée…. Comme je vous ai dit plus haut, le SMT est un vélo qui se roule avec un sag de 30%, ce qui est relativement élevé pour un vélo de 135mm de débattement qui, habituellement, se situerait plus autour de 25%. Quoi qu’il en soit, cette donnée n’a démontré en aucun cas un sentiment de mollesse sur le vélo. Le pédalage étant assez direct et sans ''bob effect'', on sent que le système fait bien le travail. La sensation assez ferme de l’amortissement se fait sentir assez vite. Si vous êtes adeptes de vélo type cross-country, vous apprécierez certainement cette caractéristique qui vous fait oublier rapidement que vous roulez un double-suspension.  On maximise ici le transfert d’énergie à la roue arrière et donc le pédalage principalement grâce à la partie régressive du début de course et à l’anti-squat de 105%. Le rendement est tel que promis par la compagnie et à ma grande surprise je n'ai pas senti un manque de traction occasionnel. Le choix d’un pneu Maxxis DHR et du diamètre de roue 29po aide assurément sur ce plan. Après plusieurs montées parfois plus difficiles, parfois plus longues, je n’ai senti à aucun moment devoir traîner le vélo avec moi, ce qui est très positif.    


La compagnie Spherik nous dit avoir travaillé fort afin de maximiser la géométrie de son vélo, assurant une position idéale et centrée peu importe la grandeur du cadre. Avec un angle d’attaque HTA de 67 degrés, un angle de selle de 72.8 degrés et un boitier de pédalier situé à 345mm du sol (en 29po), nous avons une géométrie qui aide grandement en montée. On sent rapidement que nous sommes positionnés au-dessus du boitier de pédalier lors des montées plus techniques. L’angle de selle et sa hauteur facilite la position et le passage d’obstacles. L’angle HTA assure une bonne correction de la ligne au besoin, ce qui permet de tirer notre épingle du jeu dans les situations plus difficiles.


Le comportement en descente…. Bien que la montée se passe assez aisément et mieux que je ne l’aurais cru, la descente, pour sa part, n’est pas le point fort de ce vélo. Bien qu’il ne soit pas désastreux, je n’ai pas ressenti la maniabilité que j’espérais. Les roues de 29po permettent de garder une bonne maniabilité sans toutefois être très réactives mais ne se font pas vraiment sentir, ce qui est une très bonne chose. Le passage d’obstacles en est facilité et la prise de ligne moins cruciale, une qualité bénéfique pour la clientèle visée. Le système progressif en fin de course nous permet une meilleure utilisation du débattement et parfois même d’en donner un peu plus. Par contre, le manque d’absorption sur les petits impacts se fait un peu sentir, ce qui rend la descente moins douce fluide qu’elle pourrait l’être. Le boitier de pédalier relativement haut se fait sentir dans les virages à plus haute vitesse. On ne se sent alors pas autant appuyé qu’on le voudrait dans les virages inclinés (berms). Par contre, le dégagement des pédales face au sol est très appréciable. Il permet un passage sans avoir à réfléchir à la position de nos pédales sur les roches. La géométrie dite centralisée se fait beaucoup moins sentir en descente. Cette caractéristique devient un peu futile comme élément associé à la descente à mon avis. 


En conclusion, le Spherik SMT est sans aucun doute un vélo qui répond aux attentes. Il possède une bonne efficacité au pédalage et une capacité à grimper qui saura répondre à la grande majorité des gens. Une sensation moins convaincante en descente, mais rappelons-nous que ce n’est pas la caractéristique première mise de l’avant par le manufacturier. Il saura somme toute vous aider à franchir les passages plus difficiles, peu importe le sentier emprunté. Les roues de 29po et le boitier de pédalier plus haut assurent une descente sans accrochage et offre au pilote un répit sur le choix des lignes à emprunter, ce qui peut être avantageux pour plusieurs. Par contre, pour les pilotes plus aguerris, ces lacunes se feront vite sentir. Considérant la clientèle visée et la ligne directrice empruntée lors de la conception, je peux certifier que c’est mission accomplie. Pour tous les débutants ou les personnes voulant acquérir un vélo qui peut en prendre plus que votre XC sans compromettre le pédalage et la montée, je crois que le Spherik SMT devrait figurer sur votre liste de vélos à considérer. 


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